Reconversion de la Base de sous-marins en parc industriel et touristique, Pointe de kéroman


Maître d’ouvrage : District du Pays de Lorient, France
Lieu : Lorient, France
Concours international : 1999 (projet lauréat)
Surface : 4,3 ha
Architectes associés : David Cras, Rennes, France I Pascal Debard, Lorient, France

images © Architectes Paczowski et Fritsch

Durant la Seconde Guerre mondiale, le port de Lorient est d’un intérêt majeur dans la bataille de l’Atlantique entre les Allemands et les Alliés. Sous l’initiative de l’amiral Dönitz, la marine de guerre allemande établit sur la pointe de Keroman, dominant la rade de Lorient, la base de ses sous-marins. Entre 1941 et 1943, trois bunkers de dimensions gigantesques y sont construits ; le dernier mesure 170 m de longueur, 130 m de côté et 20 m de hauteur. Après la guerre, cette base est utilisée par l’Escadrille des sous-marins de l’Atlantique (ESMAT) de la Marine Nationale Française. En 1997, la Marine Nationale abandonne le site, pour le remettre aux autorités civiles. Considérant soit que la démolition des trois bunkers existants a un coût élevé, soit que ces vestiges ont une valeur unique, l’Administration du District du Pays de Lorient lance un concours international pour la transformation de la pointe de Keroman en parc touristique-industriel.

Ce projet propose, avant tout, de protéger et mettre en valeur le patrimoine unique et exceptionnel de ce site et planifier les nouvelles constructions de façon à donner au site une vie, une image et un sens nouveaux. Cet endroit stratégique est donné par la large bande de terrain qui, dans le passé, séparait la base de sous-marins du port de pêche, mais qui, aujourd’hui, pourrait jouer le rôle d’interface entre le port et le nouveau parc.

On propose donc d’y placer un axe reliant le rond-point des Sous-Marins à l’extrémité de la pointe du Keroman, équipé de voies carrossables et piétonnes, ainsi que de nouvelles constructions, et d’installer sur toute la longueur de cet axe une passerelle piétonne qui, en pente douce de 4 %, fait monter les visiteurs du sol jusqu’à une plate-forme panoramique, 20 m plus haut, donnant une vue imprenable sur la rade de Lorient ainsi que, le long du parcours, des vues jusqu’ici inexplorées sur le parc et le port.
 
C’est le long de cet axe que l’on propose de bâtir l’essentiel des nouvelles surfaces, en laissant le reste du terrain libre. Ces nouvelles constructions ont une forme de longues lames minces, de sept niveaux et d’une profondeur de 10 m, dont les façades vitrées sont orientées vers le port, vers le nord-est, donc sans exposition à un ensoleillement excessif. Ces lames en verre valorisent les formes sculpturales des bunkers avec lesquels elles créent un « dialogue » par la forme et le contraste des matériaux. Elles abritent les différentes fonctions du programme, parfois complémentaires aux activités situées dans les bunkers mêmes, parfois indépendantes.

Une large promenade est proposée le long de la rive du Ter. Exposée au sud-ouest, avec des vues sur la rade et sur la côte boisée de Larmor-Plage, elle est le lieu naturel de promenades par excellence. Doublée d’un ponton d’amarrage de bateaux-musées, de bateaux de compétition ou d’autres types de navires en exposition, vente ou location, son alignement est renforcé par une triple file d’arbres taillés. Elle est rythmée par une série de pavillons isolés, à deux niveaux, destinés à l’infrastructure commerciale – boutiques, cafés, petits restaurants ou agences de vente et de location de bateaux.

Le parc, situé à l’abri des vents violents, grâce à Larmor-Plage qui lui fait écran, unit la proximité de la mer à la présence de la végétation continentale et peut accueillir toutes sortes d’activités de loisir, ainsi que des spectacles, des salons ou autres évènements, abrités sous des chapiteaux temporaires.

Le projet propose de conserver le port de pêche avec ses qualités industrielles actuelles et de faciliter la continuation de son développement.